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Quartiers Pirates

N'importe quoi mais culturel, sexy, ou drôle, ou les trois

Felix Valotton (1805-1925)

La malade (1892)

 

Je suis en train de lire un très bon bouquin sur Félix Vallotton.
Je ne résiste donc pas au plaisir de vous en parler, comme ça, à chaud.
Voici deux tableaux de ce peintre qui nous livrent deux messages passionnants.

Le premier : "La malade" (1892).
Félix Vallotton représente sa maîtresse, Hélène Chatenay, légèrement malade. Allongée sur son lit dans sa tenue de nuit très sensuelle, elle se redresse à l'entrée de la femme de chambre. L'intérieur est simple mais confortable, la scène paisible et tendre. On nous dit que la femme est aimée, que l'amant n'est pas loin. Une agréable vision d'un bonheur tranquille. Le tableau est peint dans un style très classique, très gai, une ambiance claire avec des taches de lumière sur les draps, la chemise de nuit de la malade, le tablier de la femme de chambre. On sent que le peintre a pris plaisir à peindre cette scène, à travailler les broderies de la tenue de nuit, l'arrondi du visage, du cou, l'érotisme de la pose.
Une peinture qui nous parle d'amour et de volupté.

Et puis le second : "Promenade à Honfleur"(1901).
Entretemps le peintre a quitté cette femme qu'il aimait pour épouser une fortune et un avenir, Gabrielle Bernheim (1863-1932), fille du marchand de tableaux Alexandre Bernheim. Si ce choix lui assure une aisance financière et un débouché facile dans le marché de l'Art, le couple n'a jamais fonctionné.
Ce tableau nous le dit.
Voici une œuvre plus enlevée, dans un style presque impressionniste.
Des tons froids, sombres, des marrons, des verts, une perspective comme bloquée dans ce vallon sans ouverture. Même la mer au fond est figée, fermée par cette ligne de terre qui la bloque. Pour finir, le ciel plombé, tout en lignes horizontales, occupe la moitié du tableau et pèse sur le paysage.
Au premier plan, le peintre et sa femme Gabrielle, minuscules, comme écrasés par cet environnement, courbés tous deux, avec juste la pâle lueur du canotier en vague halo d'espérance. 
Et enfin ces deux arbres, lisses, tranchant le tableau en deux lignes parallèles, sans branches ni feuilles, dont l'un est mangé par une plante envahissante.
Brrr !
Très fort Monsieur Vallotton !

Promenade à Honfleur (1901)

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