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Quartiers Pirates

N'importe quoi mais culturel, sexy, ou drôle, ou les trois

Ces livres que... je n'ai pas aimés

Et si, pour s'amuser un rien, je me penchais un peu sur les bouquins que je n'ai pas aimés, que j'ai abandonnés en cours de pages, que j'ai laissés pour compte non créditeur, marque page à l'abandon, couverture à la dérive.
Car des livres que je ne lis pas jusqu'au bout, il y en a.
Des ouvrages impérissables que j'ai laissés tomber, il y en a.
Des romans farouchement conseillés par des copines, copains, ou critiques plus ou moins littéraires (Mais non ce n'est pas encore un gros mot mais ça viendra : Va donc, eh Critique Littéraire !) et qui me sont tombés des mains dès la huitième page, il y en a.
Des machins que j'ai trouvés de ci de là, qui semblaient aguichants, n'étaient que lassants, il y en a.
Alors une petite liste non exhaustive des plus récents.
C'est parti.

 

 

Manhattan Transfer de John Dos Passos

Je viens de lire en cherchant ce titre sur Internet :
"L'œuvre occupe le 78e rang au classement des cents livres du siècle établi en 1999 par La Fnac et le journal Le Monde".
Ah ! Quand même !
Eh ben moi, j'ai pas aimé.
Na !

Un gros livre, 500 pages, écrit en petits caractères, ça commençait bien.
Je n'ai plus les yeux de mes vingt ans, ni la patience.
Avais-je de la patience à Vingt-ans ? Euh... ah ben non ,en fait !
Tout' façon, j'ai abandonné à la seconde ligne de la seconde page sur cette entrée en matière bien pêchue :

"L'infirmière tenait la corbeille à bout de bras, comme un bassin. Elle ouvrit la porte d'une grande salle surchauffée, aux murs recouverts d'un badigeon verdâtre. Dans l'air saturé d'odeurs d'alcool et d’iodoforme, des vagissements aigres montaient en volutes d'autres corbeilles rangées le long du mur. Quand elle posa sa corbeille, elle y jeta un coup d’œil en plissant les lèvres. L'enfant nouveau-né se tordit faiblement dans l'ouate comme un grouillement de vers de terre."

Prends-toi ça dans ta grosse tête Monsieur Le lecteur et si t'as pas compris qu'on va t'en faire des tonnes et des hachés petit-menus, t'as rien compris. Désolé Monsieur John Dos Passos, quand on me balance comme ça une telle dose de psychopatho à la petite semaine matinée de dégoût bien volatile, j'abandonne et je cours vers d'autres horizons plus riants et primesautiers
Nu, me direz-vous ? Possible mais pas tout seul, sachons vivre.

 

 

 

Le Mépris par Moravia

Tiens ! Que je me suis dit, le livre qui a du influencer le film.
A essayer pourquoi pas.
Mais quand l'auteur te pose la situation en énonçant dès la troisième ligne que les rapports entre sa femme et lui n'ont été agréables que pendant les deux premières années de leur mariage et qu'ensuite, eh ben que ça s'est carrément gâté.
Que tu connais l'histoire.
Que le style est ampoulé, vieillot, mou.
Abandon par KO à la page 12.
Et pis, c'est tout !

 

 

 

Totem et Tabou de Sigmund Freud (Ben oui)

J'ai lu plusieurs livres de cet inventeur de la psychanalyse.
C'est souvent très lisible.
Voir passionnant.
Mais il faut croire que je ne suis pas très enclin, en ce moment, à me pencher sur ce sujet.
Moi, pour que je me penche sans que ce soit féminin, il faut que ça en vaille la peine.
Alors quand, pour nous parler de l'inceste, Monsieur Freud commence par la préhistoire.
Euh...
Allez savoir pourquoi, je ne me suis pas senti de repasser par toutes les phases de l'humanité avant de débouler à notre époque.
Trop de gens peut-être.
J'ai donc pris le livre et l'ai fermé soigneusement. Fermer un livre est une des actions que je domine très bien. Aucun mérite, aucun entrainement, c'est juste un don.
Il ne me reste plus qu'à trouver une amateuse (ou un  amateur, je ne suis jamais sectaire en lecture) pour un don gratuit. Quelqu'un d'intéressé ?
N'en déplaise à Jacqueline qui a marqué son livre sur la page de garde d'un feutre bleu assez baveur, je n'ai aucune envie de le conserver.
Au revoir Monsieur Freud.
Et au revoir Jacqueline.
Ah, j'oubliais, pour l'éventuel amateuse (Ou amateur, restons dans le mélange des genres, j'aime ça), le livre sent un doux parfum, très sensuel, très féminin.
Normal, je trouve.
Non ?
Ah bon.

 

 

 

Les fleurs bleues par Raymond Queneau

Alors là, c'est un peu plus compliqué.
De Raymond Queneau, j'adore le style unique, formidable.
De Raymond Queneau, j'adore Pierrot mon ami que j'ai relu plus de dix fois.
Zazie dans le métro que j'ai relu autant mais dans le désordre. (Impossible de comprendre ça, si vous n'avez pas lu le bouquin, alors faites-le).
Eh ben alors, Mon Françounet, me direz-vous, qu'essekinevatypaducouavecçuiçi ? ? ? (Relisez Zazie que je vous dis).
En fait, ça commence très très très bien comme à l'habitude...
Je vous livre la première phrase juste pour le plaisir.
"Le vingt-cinq septembre douze cent soixante quatre, au petit jour, le duc d'Auge se pointa sur le sommet du donjon de son château pour y considérer, un tantinet soit peu, la situation historique. Elle était plutôt floue."
Ouiiiiiiiii !

Mais ensuite...
Eh bien il m'a lassé avec ses deux époques, l'une contemporaine, l'autre historique, ses flous justement où je me suis totalement perdu (La personne qui me retrouvera aura une récompense substantielle) et un manque de dynamisme qui est rare chez cet écrivain par ailleurs génial.
Alors, Jeu, set et match, abandon à la page 94 sur la ligne de fond de court.
94. Quand même ! On sent que je m'y suis accroché à celui-là... et sans porte-manteau s'il vous plait.
Mais il n'existe pas de meilleurs amis qui ne se quittent.
Pour se retrouver.
Allez pouf hop tradam, je vais me relire mes deux préférés et ensuite tenter d'autres voyages en sa compagnie.
Soyons fous !
Et avec Queneau, quand on parle de folie, ce n'est pas rien, c'est pour ça qu'on l'aime.

 

 

 

Et enfin...

S'il braille, lâche-le par Chester Himes

Ah ! Ah ! Que voilà un bon titre que je me suis dit, ça sent bon le Chester !
Himes bien entendu.
Oui, je sais, je suis nul en jeux de mots, mais c'était bien tenté, non ?
Non ?
Ah bon.

Chester Himes, je l'ai découvert récemment et ce n'est pour l'instant qu'une très sympathique amitié.
Ses délires me plaisent comme dans Couché dans le pain par exemple que je vous conseille.
Et puis des histoires de noirs, dans un monde de noirs, délirant, sensuel, kitch mais vécu, ça change et c'est fun.
Attention, parce que c'est drôle. L'humour crée une distorsion qui nous laisse embarquer joyeusement des histoires plutôt sordides sans y penser.
Mais dans celui-ci, foin de l'humour, il ne reste que la paille nue, le sordide.
C'est noir, noir, noir, dans tous les sens de tous les termes même les plus noirs.
Alors j'ai craqué.
J'ai épousseté ma chemise tachée de noir et j'ai abandonné mon bouquin et Chester Himes à la page 23 début du chapitre 2.
Tant pis mais j'y retournerai sur un autre roman.
Savoir prendre des risques est mon autre nature.
A condition de mettre ma chemise noire.
Bien entendu.
 

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