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Quartiers Pirates

N'importe quoi mais culturel, sexy, ou drôle, ou les trois

Rêve en rose

Pourquoi a-t-elle accepté ?
Elle n’en sait plus rien.

Si !
Elle sait.
L’aventure, le risque, l’érotisme, la vie quoi !
Elle l’a connu sur les réseaux sociaux.
Comme quoi !
Ils ont discuté, longuement, puis par téléphone.
Rendez-vous, restaurants.
Il est plutôt beau garçon, la quarantaine tranquille, présentant bien, un chic un peu décalé, brun, des yeux noirs, profonds.
Elle n’est pas mal non plus, brune au yeux noisettes, même âge ou à peu près, même chic ou à peu près.
Même humour aussi.
Et une certaine façon, particulière, de concevoir la vie, les sorties…
L’érotisme.
Un mois. Ils se sont habitués l’un à l’autre, ont commencé à se connaître.
Prendre le temps.
Elle n’aime pas quand les choses vont trop vite, elle apprécie les préliminaires, la sophistication.
Lui aussi.
Et puis, un jour, un beau jour…
Passer aux choses sérieuses.
Ce n’est pas son genre de faire simple. Elle le savait, elle n’a pas été déçue.
Une carte dans la boite aux lettres.
Une adresse en lettres arabesques. Il a une écriture compliquée, cela cadre bien.
Une heure, un code, un étage, une tenue qu’elle doit porter, un parfum, une signature.
Un post-scriptum : J’aime la fragrance, la beauté, le goût des roses.
Elle sort du taxi, vérifie l’heure. Cinq minutes avant vingt heures. Impeccable.
Elle a mis un manteau gris, mastic, long. Impossible de porter la tenue demandée dans les rues de Paris.
Un immeuble bourgeois, Haussmannien.
Logique.
La massive porte en fer forgé tourne sans bruit.
Un ruban de moquette Bordeaux sur les dalles de marbre blanc, quelques moulures en colonnes, la loge de la concierge où il n’y a plus de concierge, éclairage indirect.
Sous l’escalier, un ascenseur de bois verni.
Elle abandonne le manteau sur la rampe avant d’entrer dans la boite vitrée.
Troisième étage. Les paliers défilent lentement.
Le petit choc de l’arrêt silencieux.
Une seule porte, massive, sombre.
Dernière vérification.
Elle porte, comme indiqué, une robe terriblement courte d’un rose presque carmin qui dévoile les épaules... et le reste, des dessous assortis, des bas et porte-jarretelles de même coloris, une paire d’escarpins aux talons très fins. Maquillage de circonstance, parfum choisi avec soin.
Parfaite.
Elle pousse la porte entrebâillée.
Pénombre.
Une courte entrée, comme souvent dans les immeubles parisiens. Moquette chocolat, papier de soie, un petit meuble à pieds graciles. Un confort qui lui ressemble.
Un foulard de soie, un bristol sur la porte qui lui fait face.
« Bande-toi les yeux ».
Elle obéit.
Excitation.
Elle entend la clenche, perçoit le filet d’air, une main sur son bras, une voix qu’elle reconnait.

‒ Bonsoir.

‒ Bonsoir.

Trois pas. Sensation d’espace, de lumière.
Une caresse sur sa joue.
Il passe derrière elle.
Il attrape les poignets, les attache d’une paire de menottes, descend sur les jambes.
Un lien sur les chevilles, un autre autour des cuisses.
Il s’éloigne.
Silence.
Il doit la regarder, la détailler. Est-il content du tableau ?
Un doigt effleure le tulle, dévoile un instant les dessous.

‒ La lingerie se met, excepté si ce n’est pas possible, sur le porte-jarretelles et non dessous. Ceci dans le but de pouvoir l’enlever sans tout défaire. Tu seras punie pour avoir fait l’inverse.

Elle frémit.
Dire qu’elle ne savait pas, que c’est une première, qu’elle n’a jamais joué à ce jeu là ?
Non.
Ce serait une erreur, et puis, c’est tellement mieux ainsi.
Il s’approche d’elle.
Elle tremble.
De peur, d’excitation, de désir.
La nuit sera belle…

 

 

 

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